Réduire ses déchets : par où commencer ?

Crédits : Smallable

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : environ 360kg/an de déchets par habitant en France (source Ademe), chiffre qui peut monter jusqu’à 536kg/an si on inclue les déchets des collectivités et des activités économiques (source Eurostat). Toujours en France, 30% de ces déchets sont incinérés (dégageant des fumées et des résidus ayant là encore un impact environnemental…), 36% se retrouvent dans des décharges (pouvant potentiellement polluer les sols), 20% sont recyclés et 14% sont compostés…

Bref, il semble évident que pour réduire notre impact sur l’environnement, une diminution drastique de nos déchets s’impose…

Pour autant, nous sommes souvent impuissants face à l’amas de déchets, notamment plastiques, que nous accumulons dans nos poubelles un peu malgré nous…et avons l’impression, à titre individuel, de ne pas pouvoir y faire grand chose…

Alors que faire ? Par où commencer ? Qu’est-ce qui est facile à mettre en oeuvre pour commencer à diminuer ses déchets ?

La première étape me semble-t-il, parce que c’est la plus facile à mettre en oeuvre chez soi, est de bannir le jetable au profit du durable.

Par « jetable », j’entends tous les objets du quotidien qu’on n’utilise qu’une fois pendant une durée très courte, pour lesquels l’impact écologique est souvent inversement proportionnel à la durée d’utilisation, par exemple les cotons-tige, les disques de coton, l’essuie-tout, les lingettes, les tampons et serviettes hygiéniques, etc…

Si on prend l’exemple du coton-tige (dont la version bâtonnet en plastique vient d’ailleurs d’être interdite au 1er janvier 2020), en plus de l’effet néfaste sur la santé de nos tympans, l’impact écologique fait froid dans le dos…En France, on en collecte 1,2 millions de tonnes par an. Mais ce n’est pas le pire. Beaucoup de gens les jettent directement dans les toilettes (!!!), les envoyant directement dans les rivières et les océans…Bref, un carnage.

On ne le sait pas forcément mais tout objet jetable a son équivalent durable. Il suffit donc juste de changer ses habitudes.

Voici donc une liste des objets jetables les plus courants et leur équivalent durable pour vous aider à initier le changement !

 

  • Les lingettes > Tout dépend de l’usage mais en général, une bonne veille éponge, un chiffon ou des lingettes lavables les remplacent très bien et ça ne finit pas à la poubelle après à peine quelques minutes d’utilisation ! D’autant plus que souvent, les lingettes nettoyantes, que ce soit pour nettoyer le siège des bébés, la maison ou pour se démaquiller, sont imbibées de produits peu recommandables pour la santé et la planète ! Pour achever de vous convaincre, je vous invite à lire cet article

 

  • Les pailles > rien, nothing, nada, que tchi…ou si vraiment vous êtes un(e) drogué(e) de la paille dans vos cocktails, achetez-vous une jolie paille lavable une bonne fois pour toute ! On a suffisamment parlé du désastre écologique généré par l’usage massif des pailles dans le monde…Donc, au resto, on précise à la commande qu’on ne veut pas de paille…simple, non ? Au cas où vous ne seriez pas encore suffisamment informé(e), voici une petite infographie très parlante que j’ai piquée à http://onefootprintontheworld.com :
Crédits : One footprint on the World

 

  • L’essuie-tout > une éponge, une serpillère, un chiffon…La plupart du temps, on utilise l’essuie-tout pour absorber un liquide ou nettoyer une tâche superficielle. Là encore, quelques secondes d’utilisation pour finir au fond d’une poubelle alors que les alternatives situées ci-dessus le remplacent très bien. Ceci dit, si vous possédez un compost, l’essuie-tout peut y être déposé…

 

  • Le film alimentaire > Les boîtes de conservation en verre que vous pouvez acheter ici (made in France) ou si vous souhaitez absolument éviter le plastique, même pour le couvercle. Les boîtes de conservation en plastique ne sont vraiment pas recommandées car elles sont susceptibles de contenir du BPA si elles sont un peu anciennes et puis…c’est toujours du plastique de trop ! Si cela vous semble trop cher d’investir dans une série de boîtes en verre, il y a toujours la solution de conserver vos aliments dans un plat recouvert d’une assiette. Coût : Une vingtaine d’euros pour 2 boîtes utilisables à l’infini.

 

  • Les disques de coton pour le démaquillage > Les lingettes démaquillantes lavables, à vendre ici ou par exemple. Il en existe de différentes tailles et matières. Personnellement, j’utilise celles de Lamazuna qui peuvent être lavées jusqu’à 300 fois. Je mets juste une goutte de mon eau micellaire dessus et le démaquillage est parfait ! J’ai besoin de 3 lingettes pour me démaquiller chaque soir donc avec un stock de 20 lingettes, ça tourne parfaitement. Une fois les lingettes sales, je les mets dans un petit filet à linge par 6 avant de les passer à la machine et roule ma poule ! Verdict : c’est moins « moelleux » que le coton mais franchement, ça fonctionne très bien et on voit clairement le progrès sur le remplissage de la poubelle de salle de bain. Economiquement, c’est également très intéressant. Coût : environ 1€ par lingette pour les plus abordables.

 

  • Les cotons-tige > l’oriculi. Quesaco ? L’oriculi, qu’on peut acheter ici ou bien , est un bâtonnet en bambou légèrement incurvé au bout, avec lequel on peut nettoyer ses oreilles à l’infini…il suffit juste de le nettoyer à l’eau et au savon après usage. La sensation n’est pas du tout la même qu’avec un coton-tige donc à la première utilisation, ça surprend un peu mais ensuite, on l’adopte très bien, surtout qu’on se rend bien compte que ça ne peut pas créer de bouchon comme peut le faire un coton-tige…Coût : à partir de 2,50€.

 

  • Les serviettes hygiéniques > Les serviettes lavables comme ici (très bon rapport qualité-prix) ou bien (made in France) pour la version plus fun. Là encore, est-ce utile de rappeler la quantité de déchets générés par l’utilisation de serviettes hygiéniques jetables ? Pour vous donner un ordre d’idée, une femme utilise en moyenne 10 000 serviettes et/ou tampons au cours de sa vie…Et puis, très souvent, les serviettes classiques contiennent nombre de substances chimiques…Coût : 25€ les 5 serviettes au minimum pour plusieurs dizaines de lavages.
Crédits : Mondebio.com pour la solution économique et Dans ma culotte pour une version plus fun

 

Si vous faites un blocage psychologique sur les serviettes lavables, vous pouvez toujours opter pour des serviettes jetables mais écologiques, c’est-à-dire sans plastique et/ou pétrole, sans chlore et avec des matériaux majoritairement biodégradables…c’est mieux que rien 😉 Par exemple, la marque Naty qu’on trouve dans certains supermarchés est très bien ! Coût : 2,99€ la boîte de 13 serviettes.

 

  • Les tampons hygiéniques > La cup qui s’est pas mal démocratisée ces dernières années. On en trouve maintenant dans la plupart des supermarchés et elle a même un site dédié proposant plein de tests de cups, divers articles…Ceci dit, la cup, par rapport au tampon, ne ferait pas diminuer le risque de choc toxique…Coût : à partir de 15€.

Là encore, si vous faîtes un blocage sur l’utilisation de la cup, les tampons bio peuvent être une bonne alternative, comme ici ou . Coût : autour de 4€ pour 16 à 18 tampons selon le type.

 

  • Les mouchoirs jetables, « Kleenex » > Les mouchoirs lavables. Aussi incroyable que cela puisse paraître, nos ainés ne sont pas morts d’avoir à chaque hiver conservé leurs mouchoirs sales dans leurs poches ! Alors on s’y remet ? Question coût, on est souvent à 5€ le mouchoir fabriqué en France comme ici. Chez Mamie Colette, ils font des lots bien funky assez économiques puisqu’il faut compter 32,46€ pour 12 mouchoirs (fabriqués dans un ESAT lyonnais).

Alors, vous voyez que c’est facile de diminuer ses déchets ! Je vous propose un petit défi : choisir et tester 1 alternative durable citée ci-dessus que vous n’utilisez pas encore !